À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, ce dimanche 3 mai, la Société des Droits Voisins de la Presse (DVP) rappelle une réalité souvent sous-estimée : une presse libre suppose aussi un modèle économique solide et durable.
Dans un contexte de transformation profonde du secteur, les médias font face à une pression croissante sur leur modèle économique. La transition numérique, la concentration des usages autour de quelques grandes plateformes et, plus récemment, le développement rapide de l’intelligence artificielle, redessinent en profondeur les conditions de production et de diffusion de l’information.
Dans cet environnement, la question du partage de la valeur est devenue centrale. Les contenus de presse sont largement diffusés, repris et utilisés, sans que leur contribution économique soit toujours pleinement reconnue, y compris pour entraîner des systèmes d’IA qui, en produisant des résumés ou des synthèses, se substituent directement à la consultation des sources originales. Cette situation fragilise directement la capacité des éditeurs à financer un journalisme exigeant, à maintenir des rédactions solides et à garantir la diversité des points de vue.
Les droits voisins s’inscrivent précisément dans cette logique de rééquilibrage. Ils visent à reconnaître la valeur des contenus produits par la presse et à assurer une rémunération plus juste face aux usages numériques. La collecte qui en découle constitue aujourd’hui un soutien concret au financement des rédactions et à la pérennité des titres. Au-delà d’un mécanisme juridique, les droits voisins participent pleinement à la vitalité démocratique. Ils contribuent à préserver un écosystème médiatique pluraliste, condition essentielle à une information fiable, indépendante et accessible à tous.
“On parle souvent de liberté de la presse comme d’un principe. Mais c’est aussi une réalité économique. Sans financement pérenne, il n’y a ni indépendance éditoriale, ni capacité à produire une information exigeante. Les droits voisins participent concrètement à cet équilibre, en reconnaissant enfin la valeur du travail des éditeurs dans l’économie numérique.”, Jean-Marie Cavada, président de DVP.
Si des avancées ont été obtenues ces dernières années, notamment dans la reconnaissance du principe de partage de valeur avec les plateformes, des déséquilibres persistent. L’émergence de nouveaux usages, en particulier liés à l’intelligence artificielle, renforce encore la nécessité de consolider ce cadre et d’en garantir l’effectivité. Le droit voisin de la presse en a apporté la démonstration : contesté à l’origine, il a conduit à des accords économiques concrets une fois la contrainte juridique établie.
C’est cette même logique qui sous-tend la proposition de loi relative à la présomption d’utilisation des oeuvres par les systèmes d’IA, adoptée à l’unanimité par le Sénat le 8 avril dernier. À quelques jours de la conférence des présidents de l’Assemblée nationale, DVP appelle les groupes parlementaires à permettre l’examen de ce texte avant l’été. Le calendrier se resserre. Laisser cette proposition de loi sans suite serait un signal préoccupant adressé à l’ensemble de la filière culturelle et informationnelle – et, au-delà, à tous ceux pour qui la liberté de la presse n’est pas qu’un principe, mais une réalité à financer.
À l’heure où la liberté de la presse est célébrée dans le monde entier, la Société des Droits Voisins de la Presse appelle à poursuivre les efforts engagés afin d’assurer, dans la durée, les conditions économiques d’une presse libre. Garantir un financement juste de l’information, c’est aussi protéger le débat démocratique.
Contacts presse
Eve Jouandin – eve.jouandin@gantzeragency.com / 07.88.39.61.16
Capucine Raud – capucine.raud@gantzeragency.com / 07.88.64.52.29